Solibail dans le Val de Marne : Visite de Thierry Repentin, délégué interministériel en charge de la mixité dans l’habitat

publié le 11 mars 2016

Article paru dans "94 citoyens"

"Après Ormesson-sur-Marne il y a quelques mois, c’est Saint-Maur-des-Fossés, autre ville carencée en logement social, que le gouvernement a choisi comme décor ce jeudi 3 mars pour annoncer le renforcement de son dispositif d’aide au logement passerelle Solibail dans le cadre de la future loi Egalité et citoyenneté.

Ce dispositif permet de louer des logements privés dans des conditions de logement social tout en garantissant des loyers au prix du marché aux propriétaires, grâce à une intermédiation locative assurée par une association habilitée. L’association s’occupe de faire l’interface entre les locataires, dont elle se porte garante, et les propriétaires. La différence entre le loyer social et le loyer au prix du marché est payée par l’Etat.

Ce jeudi, le délégué interministériel en charge de la mixité dans l’habitat, Thierry Repentin, était en visite dans un appartement loué dans ces conditions, à Saint-Maur.

« Ça a changé ma vie !« reconnaît Aurélie Yémélé Nguepi, installée dans un 50 m² depuis février 2014 grâce au dispositif Solibail. Avec son fils Bastien, cette jeune femme originaire du Cameroun a vécu pendant un an dans un hôtel à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine) avant d’être accompagnée par l’association Soliha qui loue pour elle cet appartement. En contrepartie, Aurélie doit reverser 25% de ses revenus mensuels, soit 342 euros. « Depuis que je suis ici, à quelques minutes à pied du RER A, je peux travailler. Bastien va dans une bonne école, il est très bien vu de tout le monde. Les voisins nous ont très bien accueillis« , témoigne la mère de famille, ravie de « vivre enfin dans un quartier chic, propre. »

Dans son salon, Thierry Repentin détaille les avantages du dispositif. « L’association qui prend en charge la location de l’appartement garantit le paiement du loyer, même si le logement se trouve vide. Elle garantit aussi son entretien et la remise en état entre deux locations. Enfin, 70% des montants perçus pour les loyers sont déductibles de l’impôt sur le revenu, et ce pour compenser la perte de location au m² » , précise Thierry Repentin. Par exemple, dans la résidence d’Aurélie, le m² est loué entre 24 et 25 euros au m². Soliha ne le loue que pour 17 euros le m² . Les familles qui bénéficient du dispositif Solibail sont également accompagnées par les services sociaux. « Un conseiller personnel vient au moins une fois par mois pour faire un état des lieux des différentes situations : logement, emploi, santé… » , précise Natalia Gaire, responsable du pôle d’intermédiation locative chez Soliha.

Ce dispositif devrait permettre d’accélérer le développement du logement social dans les communes qui ne respectent pas la loi de Solidarité et Rénovation Urbaine (SRU) qui prévoit un minimum de 25% de logements sociaux par commune. Dans le Val-de-Marne, 19 villes n’ont pas atteint ce seuil et six d’entres elles (Saint-Maur-des-Fossés, Ormesson-sur-Marne, Périgny-sur-Yerres, Nogent-sur-Marne, Bry-sur-Marne, Saint-Mandé) ont été déclarées en constat de carence car elles n’atteignaient pas les objectifs de rattrapage. Depuis fin décembre 2015, un décret permet de réclamer aux communes carencées de financer ce dispositif d’intermédiation locative à raison de 5000 euros par logement. « Une mesure que le projet de loi Egalité et Citoyenneté veut élargir en allant jusqu’à 10000 euros en région parisienne« , précise Thierry Repentin. « L’Etat n’hésitera pas, comme il l’a déjà fait en 2015, à utiliser tous les moyens légaux pour faire respecter la loi (préemption, …)« , renchérit Thierry Leleu, préfet du Val-de-Marne.

Selon le gouvernement, l’intermédiation locative – dans laquelle s’inscrit le dispositif Solibail – peut être une alternative à la construction pure et simple d’immeubles, qui effraie parfois les élus locaux. « La mairie de Saint-Maur-des-Fossés est par exemple très favorable à cette démarche« , explique Thierry Leleu. 21 logements ont déjà été « captés » pour le dispositif Solibail dans la ville. Dans le Val-de-Marne, 789 logements sont actuellement occupés sous ce statut, et 3927 en région Île-de-France.
Le gouvernement aimerait aller plus loin, notamment dans les régions les plus carencées que sont l’Île-de-France, Rhône-Alpes et la région PACA. Porté par les associations, le dispositif pourrait également être adopté par une municipalité, qui créerait son propre outil dédié. « L’objectif est de mettre en relation les propriétaires et les services concernés« , motive Natalia Gaire, responsable du pôle intermédiation locative et interventions sociales chez Soliha.

Dans le Val-de-Marne, 74 000 demandes de logements sociaux sont recensées chaque année pour 3500 nouveaux logements construits."