Retour à Jean Quarré

publié le 8 mars 2016 (modifié le 10 avril 2017)

Ce jeune militant communiste résistant, fusillé au Mont Valérien en 1942, savait-il, en tirant la langue au cinéaste qui le filmait sur le chemin de son exécution, qu’il donnerait son nom à un lieu aujourd’hui emblématique pour les réfugiés et les migrants ?

Hier squatté par 1308 hommes et des femmes à la recherche d’un abri, qui y survivaient dans des conditions indignes, lieu de violence, de trafics et de souffrance, évacué le 23 Octobre 2015 pour des raisons humanitaires, avec orientation vers des structures d’hébergement, cet ancien lycée professionnel revit.

Rien n’a changé à l’extérieur du bâtiment, les fresques et les graphes qui proclament que les réfugiés sont des survivants sont toujours là . Mais quels changements à l’intérieur. Chambres de 2 à 4 personnes, douches, sanitaires, murs repeints de couleurs vives, affiches … En moins de trois mois ….
Mis à disposition par la Ville de Paris, réhabilité grâce à des financements de l’Etat et de la Ville et confié par la DRIHL à Emmaus-Solidarité, Jean Quarré accueille aujourd’hui 105 hommes réfugiés, issus d’un campement évacué le 3 février dernier.

Afghans, Soudanais, Erythréens, Somaliens, Libyens…. y vivent dans l’apaisement, grâce aux équipes d’Emmaus-Solidarité, présentes 24 heures sur 24.

Les galères, le froid, l’angoisse, leurs craintes pour des femmes et des enfants souvent restés « là-bas » sont pris en charges par des accompagnants sociaux et culturels, qui veillent non seulement à leurs conditions de vie matérielles, mais aussi à leur équilibre et à leur intégration, en alternant cours de français, activités sportives ou de jardinage, éveil culturel. Des soins médicaux, en lien avec les réseaux de santé de proximité, un soutien psychologique en partenariat avec l’EPOC sont mis en place.
Les équipes de l’OFFI et de l’OFPRA les accompagnent dans leurs démarches d’obtention du statut de réfugiés.
Jean Quarré a réouvert ses portes le le 4 Février 2016, en présence d’Anne Hidalgo et de Jean-François Carenco.
En un mois, tous les résidents vous accueillent avec un « bonjour » en français et échangent quelques mots dans notre langue avec les accompagnants et les visiteurs. Bien sûr, l’arabe et l’anglais, parlés par les équipes, viennent au secours des débutants. Certains vont déjà à l’école, ou plutôt suivent des formations destinées à leur permettre de trouver un emploi.
Les résidents sont progressivement associés à la vie quotidienne du centre – plantation de légumes, commission « repas ».
Les résidents du quartier de la Place des Fêtes passent souvent la porte pour proposer des vêtements, des cours de français, du bénévolat, et l’insertion du centre dans son environnement semble plutôt réussie avec les équipes d’Emmaus-Solidarité qui demeurent vigilantes sur la tranquillité du lieu