Rapport de la Miilos : émergence d’un parc HLM à deux vitesses

publié le 30 août 2011

Le traditionnel rapport de la Miilos vient de paraître. L’occasion de faire le point sur le secteur et tout particulièrement sur la mise en oeuvre de la loi Dalo. D’après le rapport, le parc peine de plus en plus à répondre à la demande locale et à intégrer les publics les plus défavorisés. Au risque d’évoluer vers un parc à deux vitesses.

Pour établir leur rapport, les membres de la Miilos ( mission interministérielle d’inspection du logement social) ont examiné plus de 160 organismes, représentant plus de 20 % du parc. Quarante organismes ont été auditionnés en Ile de France.

Un parc à deux vitesses

Cette année, l’activité d’inspection a été marquée, dans son volet politique sociale, par la mise en oeuvre du Dalo. "L’accent mis par les pouvoirs publics auprès des bailleurs sociaux sur la nécessité d’accueillir de façon significative les personnes qui ont le plus besoin d’un logement a pour corollaire inattendu de mettre en exergue la difficile adéquation du parc social à la demande locale", constate les rapporteurs.
Désormais, coexistent deux parcs distincts, parfois au sein d’un même organisme. L’un sur les territoires en difficultés avec des populations de plus en plus précaires et un parc où existe une forte vacance. A l’inverse, sur les secteurs dynamiques et attractifs, où le marché privé est peu abordable, le parc social attire tellement que plus personne n’en sort.
Ainsi, constate la Miilos " plus de 47 % des organismes contrôlés en zone où le marché du logement est peu accessible présentent un taux de vacance inférieur à 2%. "Le parc HLM devient de plus en plus attractif pour des populations qui devraient trouver place dans le parc privé".

Une stratégie patrimoniale à venir

Ajoutons à cette dichotomie, la présence croissante de familles mono-parentales et on obtient un parc en situation de "blocage". Ce qui contraint les bailleurs à sortir de leur rôle de gestionnaires pour "se projeter sur la politique d’accueil, de maintien ou de mobilité à plus long terme voire anticiper le vieillissement de leur population". "La notion d’accessibilité sociale (…) s’impose désormais aux organismes de logement social s’ils veulent répondre à la demande et donc à leur mission première.

Dans son rapport, la Miilos constate également la lenteur avec laquelle les organismes mettent au point leur plan stratégique de patrimoine. Un organisme sur cinq en est doté, alors que l’Etat avait fixé l’échéance en 2005. Plus que l’absence de ce document c ’est la difficulté à définir une véritable stratégie patrimoniale qui pose question. "Dans un nombre important de situations les organismes souffrent d’un déficit de visibilité sur la politique patrimoniale à mener", même si la mise en oeuvre des CUS pourrait changer la donne en ce domaine.
Le rapport met également en lumière un manque certain sur les politiques d’entretien.

En savoir plus en téléchargeant le rapport 2010 sur le site de la Miilos.