Intervention de la FNARS IDF

publié le 10 novembre 2011

Avant toute chose le « logement d’abord » signifie la possibilité pour chaque citoyen d’accéder à un logement décent adapté à ses besoins et ses moyens. Cet objectif est très ambitieux et loin d’être atteint en Ile-de-France, mais la mise en place des moyens correspondants est la condition de la réussite de ce mot d’ordre.

Intervenante :
Gaëlle TELLIER, Vice-Présidente de la FNARS IdF

Qu’est-ce que le « Logement d’Abord » pour la FNARS ?

Avant toute chose le « logement d’abord » signifie la possibilité pour chaque citoyen d’accéder à un logement décent adapté à ses besoins et ses moyens. Cet objectif est très ambitieux et loin d’être atteint en Ile-de-France, mais la mise en place des moyens correspondants est la condition de la réussite de ce mot d’ordre.

La conférence de consensus européenne recommande les « approches dirigées vers le logement ».

Le logement constitue une réponse qui, dans un grand nombre de situations, peut et doit être le plus rapidement possible proposée aux ménages accueillis. Elle peut être une étape précoce du processus d’insertion.

Nous disons oui à l’idée qu’une grande partie des personnes présentant des besoins d’accompagnement complexes peuvent accéder au logement de droit commun, avec un accompagnement social global, adapté, pluridisciplinaire et intensif, basé sur le libre-choix des personnes. Mais il reste à vérifier que toutes le peuvent et dans quelles conditions, et que toutes le veulent (ne soyons pas dogmatiques en fixant un seul modèle d’insertion).

Logement d’abord signifie un VRAI logement, avec un statut de locataire, pérenne : l’insertion d’une personne ou d’un ménage passe par la citoyenneté, qui se traduit notamment par son statut dans son logement (locataire ou propriétaire) et les liens qu’il tisse avec son environnement dans la durée.

Le dispositif d’hébergement doit demeurer un « filet de sécurité », qui ne doit pas être réduit à une dimension asilaire. Il aura toujours son utilité dans les situations d’urgence ou complexes.

On peut parler de droit à un accompagnement social, global et adapté. C’est un enjeu essentiel selon nous pour la réussite du LD.

Qu’est-ce que N’EST PAS le « Logement d’Abord » pour la FNARS ?

Avant tout, le LD ne doit pas être un concept essentiellement au service d’une rationalisation budgétaire.

Le LD n’est pas du « logement intermédiaire » : on le voit actuellement, le concept de LD a tendance à être détourné au profit de « formules intermédiaires », en particulier SOLIBAIL : qui constitue un bon outil en tant qu’hébergement mais dont la durée d’occupation est précaire… Quel est l’avantage pour les ménages par rapport aux solutions d’hébergement en diffus déjà pratiquées largement par les associations ?

Le logement d’abord ne peut fonctionner avec un accompagnement uniquement ciblé sur le logement et le savoir habiter, de type « ASLL » ou « AVDL » : cet accompagnement social est trop circonscrit et ne permet pas de traiter les diverses problématiques que rencontrent de nombreuses personnes.

Quelles conditions posons-nous à la mise en œuvre d’une politique de « Logement d’Abord » ?

Comme le précise la conférence européenne de consensus, il ne faut pas réduire l’offre d’hébergement tant que des solutions alternatives pérennes ne sont pas en place.
La réduction des places d’hébergement ne peut pas être le point de départ de la démarche.

Nous demandons donc un moratoire sur la transformation et la réduction des places d’hébergement dans l’attente de la construction d’un modèle partagé.

Par ailleurs, et en particulier en IdF, comment mettre en œuvre une politique de logement d’abord dans un contexte de pénurie de logements ?
Nous demandons :

  • une augmentation drastique de la production de logements sociaux accessibles
  • une réelle solvabilisation avec une augmentation du niveau de l’APL
  • une réelle mixité sociale, s’appuyant sur le respect des obligations de l’art. 55 de la loi SRU

Il s’agit également de mobiliser des logements pour permettre aux personnes d’ores et déjà prêtes à y accéder (ménages reconnus prioritaires DALO, personnes qui résident en centre d’hébergement sans autre problématique que l’accès au logement…), d’en bénéficier.

D’un point de vue méthodologique, il nous semble indispensable de :

Prendre le temps d’une réflexion de fond avec l’ensemble des acteurs (bailleurs, collectivités locales, travailleurs sociaux…), quelques heures de réunions ne suffiront pas…

Restera ensuite à définir un plan d’action sur le long terme avec des étapes, des objectifs et des moyens, car il s’agit d’un véritable changement culturel pour bon nombre d’acteurs 

Nous conditionnons la réussite du logement d’abord à

  • Un nouveau plan de cohésion sociale pour la production de logements ;
  • Une véritable gouvernance aux niveaux national et local : partenariat large et une programmation claire (urgence d’adopter le PRAHI) à partir de l’évaluation des besoins ;
  • Un programme qui s’adresse à tous les publics en tenant compte de leur diversité ;
  • Une approche comprenant à la fois logement et insertion et définissant l’articulation entre logement et hébergement ;
  • Un accompagnement social évolutif, global pluridisciplinaire, basé sur la libre adhésion des personnes ;
  • L’affirmation de la prévention comme principe structurant ;
  • La participation des personnes accueillies à la réflexion.

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