Humanisation des centres d’hébergement en Ile de France : des résultats probants

publié le 24 avril 2015 (modifié le 10 avril 2017)

Trop souvent l’image d’un centre d’hébergement est celle d’un local sale, impersonnel, manquant d’hygiène et peu propice à la réinsertion des plus défavorisés.

Le programme d’humanisation des centres d’hébergement, lancé en 2008 à la suite du rapport d’Etienne Pinte, député des Yvelines, a porté ses fruits en Ile de France, comme en témoigne la récente visite au CHRS Prost, d’Emmaus Habitat, situé au Pré Saint Gervais.

Ce CHRS met en évidence les principaux axes du plan d’humanisation : transformation de chambres en studios avec kitchenettes et sanitaires privatifs, accueil de personnes à mobilité réduite, disparition des sanitaires collectifs, aménagement d’espaces d’animation….

En Ile de France, selon l’enquête récemment menée par la DIHAL, le programme a notamment permis la quasi suppression des dortoirs, la multiplication des chambres individuelles et la multiplication des unités de vie. Les personnes accueillies ont été associées au projet d’humanisation dans plus de la moitié des structures enquêtées, et on observer un augmentation des places après réalisation de travaux.

Entre 2010 et 2014, l’Etat en Ile de France a consacré plus de 41 millions d’Euro au programme d’humanisation des centres d’hébergement, l’ANAH pour sa part a fait bénéficier 39 structures d’hébergement de subventions, pour un montant total de près de 23 millions pour 1320 places.

Les progrès en matière d’hygiène accomplis dans les centres d’hébergement ont incontestablement porté leurs fruits, comme l’indique une récente étude de l’Observatoire du Samusocial de Paris, qui souligne que le manque d’hygiène et la peur de la contamination constituent une raison fréquemment invoquée par les personnes qui refusent l’hébergement en CHU, et qu’une meilleure diffusion des résultats des efforts d’humanisation pourrait contribuer à lever un frein important.

De nombreux exemples franciliens, tels le Refuge de la Mie de Pain, ou encore le Foyer Jorbalan, destiné aux femmes victimes de violence, les 126 places du CHU de la rue de Mouzaia, les 120 places du CHU avenue de l’aérodrome à Orly, la transformation en centre d’hébergement des bureaux de l’INPI, le CHRS Clair Logis à Champigny, permettront d’accueillir dignement les plus démunis, de les encourager à accepter les propositions qui leurs sont faites par les maraudes et d’effacer l’image rémanente de ces structures.

crédits photo : Olivier Pasquiers ( Le bar Floréal, photographie)