Héberger dans les structures… et les hôtels

 

Pour mettre à l’abri les plus démunis, plus de 20 500 places sont disponibles dans diverses structures d’hébergement. La forte augmentation de la demande d’hébergement conduit à mobiliser un nombre de nuitées hôtelières sans cesse croissant.

 
 

Des structures dédiées…au recours à l’hôtel

publié le 3 juin 2014

Héberger dans les structures

Les structures accueillent en majorité des isolés.

Dans le dispositif généraliste francilien d’hébergement, on distingue trois types d’hébergement selon le projet d’établissement :

  • environ 6 550 places d’hébergement d’urgence  : il répond à une nécessité de mise à l’abri immédiate. Il se caractérise par une durée d’hébergement la plus courte possible.
  • environ 4 240 places d’hébergement de stabilisation : il permet à la personne de se poser, de prendre des forces et de commencer, à son rythme, à faire émerger un projet même si ce projet n’est pas susceptible de mener à court terme à une complète autonomie. Il vise à prendre en considération les besoins spécifiques de publics en très grande difficulté sociale.
  • environ 7 000 places d’hébergement d’insertion. Avec un objectif de mise en œuvre toute action qui vise à permettre à toute personne ou famille de retrouver à terme son autonomie. Il suppose l’élaboration d’un projet évolutif, individualisé basé sur un diagnostic et l’évaluation de la situation de la personne.

Pour en savoir plus sur les publics accueillis dans ces structures, lire l’étude de la DRIHL de février 2013.

Pour la mise à l’abri des demandeurs d’asile ou réfugiés :

  • 3656 places en centres d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA),
  • 186 places en centres provisoires d’hébergement,
  • 6 148 places d’urgence ( HUDA).

L’accès au logement temporaire ou adapté susceptible de constituer une étape intermédiaire vers le logement (maisons relais, mobilisation de l’allocation de logement temporaire (ALT), résidences sociales, dispositif d’intermédiation locative).

Héberger à l’hôtel : plus de 30 000 personnes

En Île-de-France, la réponse à la demande d’hébergement d’urgence exprimée par les familles auprès des huit 115 départementaux se traduit fréquemment par une mise à l’abri à l’hôtel.

Actuellement, l’Etat finance chaque jour l’hébergement à l’hôtel de près de 30 000 personnes dont 6 000 au titre de la demande d’asile. Ces nuitées Etat permettent de répondre aux besoins exprimés par les ménages auprès des 115 des huit départements, ainsi qu’aux familles qui demandent l’asile (en grande majorité auprès de la CAFDA située à Paris).

Ce niveau de mobilisation des nuitées hôtelières jamais atteint ne prend pas en compte celui d’autres réservataires de nuitées hôtelières à des fins sociales que peuvent être les collectivités territoriales (au titre notamment de la protection de l’enfance) ou des associations. Ainsi un même hôtel peut être mobilisé par plusieurs 115, une collectivité territoriale ou une autre association.

En 2013, le dispositif d’hébergement francilien (hors demande d’asile) comptait plus de 38 000 places contre 31 000 places en 2012.

  • Qui accueille-t-on dans les hôtels ?

Les familles représentent 92% des ménages hébergés à l’hôtel (inclus femmes/hommes seuls avec enfants). A eux seuls, les enfants représentent 50% des hébergés. Les familles monoparentales sont en progression dans le dispositif, près de 18 % des hébergés sont des hommes ou femmes seules avec enfants.
Les tranches d’âge entre quelques mois et 18 ans (49% des hébergés) et entre 26 et 59 ans (41% des hébergés) sont les plus représentées.
La rupture familiale ou amicale reste le principal motif de la demande d’hébergement (41% ).

  • Qui réserve les 25 000 nuitées hôtelières chaque soir ?

25 000 nuitées y compris celles de la demande d’asile (sur les 30 000 nuitées financées par l’Etat) sont maintenant réservées par le pôle hébergement -réservation hôtelière du Samusocial de Paris.
Ce service fait partie intégrante du GIP Samusocial de Paris. Le Pôle hébergement-réservation hôtelière est le prestataire de service du 115 de Paris, et des 115 de Seine et Marne et de Seine Saint Denis, de la CAFDA et de l’OFII (demande d’asile). Depuis 2013 à titre expérimental, il réserve également une partie des nuitées mobilisées par la DASES de Paris (Ville /CG).

Le pôle hébergement réservation hôtelière est avant tout au service des services prescripteurs : il ne décide pas de qui doit être hébergé ou non mais répond à la sollicitation du prescripteur. De même, il ne fait pas d’accompagnement social. Toutefois, grâce à des équipes de médiateurs et de vérificateurs, il s’assure lors de visites sur place de la qualité des prestations, des bonnes conditions d’accueil, de confort et de sécurité des familles hébergées. Les médiateurs ont une mission de médiation au sein des établissements auprès des familles et des hébergés.

  • Où sont réservées les chambres d’hôtel ?

Une enquête réalisée par la DRIHL au mois d’octobre 2013 a pu montrer que si les 115 de grande couronne réussissent globalement à trouver des réponses dans leur propre département, ce n’est plus le cas pour les départements de Paris et de petite couronne. Nombre de sans abri parisiens dorment ainsi dans des hôtels de grande couronne. Ce qui n’est pas sans poser des difficultés en termes d’insertion…

Ainsi les hôtels peuvent être mobilisés dans l’ensemble de l’Île-de-France y compris hors du département du 115 ayant reçu l’appel.

Les nuitées mobilisées hors de l’hébergement généraliste et demande d’asile par les opérateurs parisiens, via le pôle Hébergement et Réservation Hôtelière du Samusocial de Paris sont réalisées à 81 % en dehors de la capitale.

La localisation des places d’hôtel ( la nuit du 8 au 9 oct 2013)

Les départements de petite couronne ont également recours de manière importante au parc hôtelier d’autres territoires franciliens : 54 % des places mobilisées pour les besoins des Hauts-de-Seine se trouvent dans un autre département, 42 % pour le Val-de-Marne et 41 % pour la Seine-Saint- Denis.

La Seine-Saint-Denis reste le département dont le parc hôtelier est le plus sollicité mais avec une tendance à la baisse : il couvre 27 % des besoins régionaux en 2013.

Les quatre départements de grande couronne contribuent de façon croissante à l’accueil de familles orientées à l’hôtel : près de 40 % des nuitées régionales sont réalisées sur ces territoires alors qu’ils ne mobilisent pour leurs besoins propres que 7 % des nuitées.

  • Qui accompagne les familles à l’hôtel ?

Il s’agit d’organiser l’évaluation sociale et l’accompagnement des familles qui, faute de places disponibles ou adéquates, sont hébergées à l’hôtel dans un département autre que le 115 qu’elles ont sollicités. Ces familles ne bénéficient pour la plupart d’aucun suivi social, compromettant leurs chances d’une sortie plus rapide du dispositif. Une situation également source de tensions, dans les communes où se situent ces hébergements hôteliers, dont les services sociaux sont fréquemment sollicitées par ces familles.

Suite à un appel à projets, la DRIHL a sélectionné fin juillet 2013, la Croix Rouge Française pour porter cette mission d’accompagnement social auprès des familles hébergées à l’hôtel par les 115 franciliens.

Prés de 3 000 familles seront suivies à terme, hébergées « hors territoire » par les 115 de Paris et de petite couronne. L’accompagnement des premières familles a démarré fin octobre 2013. 60 travailleurs sociaux diplômés assurent cette mission.

Cette action s’inscrit en complémentarité d’autres modalités accompagnement d’équipes de travailleurs sociaux départementales.

Des places inégalement réparties sur le territoire francilien

En 2013, la DRIHL a réalisé une analyse de la localisation des offres d’hébergement en Ile-de-France, présentée sous forme de cartes. Elle s’est appuyée sur l’implantation géographique des centres d’hébergement (CHU, CHRS, CADA, CPH) référencée au 1er janvier 2013 ainsi que sur les nuitées hôtelières financées par l’État au titre de l’hébergement d’urgence « généraliste » ou « dédié aux demandeurs d’asile » dans la nuit du 5 au 6 septembre 2012.

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Enfin, l’analyse présentée sur cette carte permet de comparer la situation observée à un ratio de places par habitant.

Pour en savoir plus :
- sur la localisation de l’offre d’hébergement : cliquez sur l’étude consacrée à la localisation de l’offre d’hébergement.