Habitat indigne : le "combat " de la Seine-Saint-Denis

publié le 20 janvier 2014

Réunis par l’Union départementale des associations familiales, les acteurs de la lutte contre l’habitat indigne ont dit la nécessité de partir "au combat" contre ce fléau.

A l’initiative de l’Union départementale des Associations familiales de Seine-Saint-Denis ( UDAF), s’est tenue à Bobigny le 16 janvier dernier une journée consacrée à la lutte contre toutes les formes d’habitat indigne. Avec un focus particulier sur la situation des ménages occupant ces logements.

Devant un public varié, représentant des associations locales ou régionales, des services des communes et d’autres collectivités, l’Etat, l’ARS, la question a été abordée de manière large et ouverte, avec une place importante laissée au débat.
Plusieurs représentants associatifs travaillant auprès des ménages concernés ont eu l’occasion de rappeler l’importance d’une action coordonnée et suivie dans le temps, menée par tous les acteurs pour résoudre des situations cumulant souvent de multiples difficultés, dans lesquelles l’accès des personnes à leurs droits reste cruellement limité.

A ce titre, la directrice générale de l’ADIL 93 a brossé un panorama éclairant des textes, rappelant d’abord que seuls les arrêtés pris par les maires et l’Etat garantissent les droits des occupants (suspension du loyer, droit à un relogement) et ensuite que certains désordres, relevant de l’indécence plutôt que de l’insalubrité, ne peuvent être traités que par décision du juge, d’où l’importance d’un accompagnement juridique prolongé des ménages concernés.

Victimes d’un système

Le Préfet de Seine-Saint-Denis M. Philippe GALLI, est intervenu en début de journée pour restituer les échanges au regard de quelques chiffres au niveau départemental, soulignant notamment que les ménages qui occupent un habitat indigne ne le font jamais par choix. Ils sont au contraire, victimes d’un système dans lequel « les derniers arrivés prennent ce qui reste », faisant ainsi référence aux plus modestes et aux migrants, public ultra-majoritaire dans les situations rencontrées.

MM. Stéphane PEU et Bernard VINCENT, vice-présidents de la Communauté d’agglomération Plaine Commune en charge de l’habitat et représentant les communes de Saint-Denis et Aubervilliers ont rappelé l’implication historiquement forte de leurs territoires dans ces politiques, soulignant l’importance d’agir avec tous les moyens disponibles et sur tous les leviers, « en aidant ceux qui le veulent et en combattant ceux qui se prêtent à des pratiques de marchands de sommeil », exploitant la misère et l’isolement social.

Un appel à projets à vocation urbaine

Ce mot de « combat », a été souvent utilisé, y compris par Jean-Martin DELORME, directeur régional et interdépartemental de l’hébergement et du logement qui a eu l’occasion de citer les étapes franchies récemment par l’ensemble des acteurs du logement en Île-de-France, sous l’égide de l’Etat. Il a rappelé notamment la validation par le Comité régional de l’hébergement et du logement (CRLH), à l’unanimité, d’une stratégie régionale, assise sur une géographie prioritaire, qui met en avant la nécessité d’agir de façon coordonnée sur tous les fronts, concertée entre tous les acteurs publics, privés comme associatifs, et à la bonne échelle, c’est-à-dire bien souvent celle de l’îlot ou du quartier, pour enrayer leur déqualification urbaine.
L’appel à projets lancé fin 2013 par le Préfet de Région et le directeur général de l’Agence régionale de Santé vient concrétiser ce mouvement, qui doit impliquer en premier lieu les communes et leurs EPCI.
Tous auront pu faire le constat du chemin restant à parcourir lorsqu’il a cherché dans l’assistance des représentants de services chargés de l’urbanisme ou de l’aménagement et qu’une seule main s’est levée…