Grand Paris : du foncier pour 10 000 logements

publié le 23 novembre 2012

L’ensemble des acteurs impliqués dans élaboration des contrats de développement territorial du Grand Paris ont planché sur le développement de l’offre de logements. Et si le manque de foncier n’était pas l’obstacle majeur ?

Pour la 2ème année consécutive, Daniel Canepa, préfet de la région d’Ile-de-France, préfet de Paris, a invité le 14 novembre l’ensemble des élus et des acteurs d’Ile-de-France impliqués dans l’élaboration des contrats de développement territorial (CDT).

L’un des enjeux du Grand Paris, c’est bien de booster l’offre de logements, largement en panne depuis quelques années. « La chute de la production de logements en Île-de-France, qui date des années 1990, est liée à la chute du nombre d’opérations publiques, de type ZAC ou autres, qui représente aujourd’hui la moitié de ce qui se faisait à l’époque », a argumenté François Delarue, PDG de l’AFTRP (agence foncière et technique de la région parisienne). La vingtaine de CDT en préparation serait donc l’opportunité à saisir pour relancer la réflexion des collectivités et les inciter à penser à long terme, notamment en terme de foncier. Mais pas seulement.
Logement veut dire bâtiments, immeubles, mais surtout structuration de la ville, aménagement, organisation de la vie et interactions entre les territoires. Or l’Ile-de-France, souffre, toujours selon le Pdg de l’AFTRP, « d’un déficit d’études urbaines - à l’exception de quelques territoires - qui est lui-même directement lié à l’émiettement communal très important en Île-de-France en comparaison aux autres agglomérations françaises ».

DE 10 000 À 15 000 LOGEMENTS PAR AN

Poursuivant son analyse, François Delarue a également pointé le manque de soutien aux maires bâtisseurs, notamment pour le financement des équipements nécessaires à la vie de nouveaux arrivants. Constat partagé par Patrick Braouezec, le président (ex-PCF) de Paris Métropole et de Plaine commune. Ainsi, a-t-il expliqué, « dans le cadre du futur CDT, Plaine commune s’engage sur un objectif de 4 200 nouveaux logements par an, contre un rythme actuel de 3 200 logements. Soit pour une ville comme Saint-Denis la construction d’un nouveau groupe scolaire par an pour accueillir les nouveaux habitants ».
Pour beaucoup, l’obstacle majeur à la construction de logement ne réside pas dans cette absence de réflexion ou d’aides mais dans le manque de terrains.

En regardant le foncier mobilisable aux alentours proches des 72 gares du futur métro du Grand Paris express, soit environ la moitié des communes membres d’un CDT, l’architecte-urbaniste Philippe Panerai estime "qu’il est possible de mobiliser 2 200 ha sur 25 ans dont 60 % pour faire des logements. Résultat : avec une taille et une densité moyenne, nous évaluons entre 10 000 et 15 000 le nombre de logements que l’on peut construire chaque année sur ce foncier déjà disponible. » " Cela représente déjà entre un tiers et la moitié de l’objectif de 35 000 logements assigné aux CDT, remarque Jean-Martin Delorme. "En 2011, a-t-il poursuivi, nous en sommes à 57 000 logements autorisés pour 40 000 mises en chantier".