Familles mono-parentales = 20% des occupants du parc social

publié le 19 novembre 2010 (modifié le 3 décembre 2010)

En douze ans, la part des ménages mono-parentaux dans le parc social est passé de 15 à presque 20 %. Dans le même temps, la part des jeunes et des couples diminue. Tels sont quelques uns des enseignements d’une étude du Crédoc réalisée à partir des données de la 5éme vague d’enquête sur l’occupation du parc social.

Cette enquête, confiée au Crédoc par la DGALN, s’appuie sur l’exploitation de la cinquième vague d’enquête sur l’occupation du parc social, qui repose elle-même sur la transmission par les bailleurs sociaux - rendue obligatoire par la loi du 4 mars 1996 - de statistiques triennales sur leurs locataires.

L’étude montre que la part des familles mono-parentales a en effet nettement progressé depuis douze ans, passant de 15,3% des ménages en 1997 à 19,2% en 2009. Elle devrait continuer à s’accroître dans les prochaines années, puisque les familles mono-parentales représentent près du quart des nouveaux entrants dans les logements sociaux (personnes ayant emménagé depuis moins de trois ans).

L’étude précise que cette présence croissante ne tient pas à une priorité donnée à ces familles. Elle est liée à la faiblesse de leurs revenus, nettement inférieurs à la moyenne. Ces familles sont, de ce fait, fortement sur-représentées dans le parc locatif social (19,2% contre 8,6% pour l’ensemble des catégories de logements).

Cette évolution n’est pas sans effet sur les autres catégories de locataires actuels ou potentiels du parc social. L’étude du Crédoc estime ainsi que "la plus grande présence de familles mono-parentales a des conséquences non négligeables sur l’entrée des jeunes ménages". Ainsi, la part des moins de 30 ans dans le parc social est passée de 15% en 2000 à un peu plus de 10% en 2009. Or, "les difficultés d’accession au parc social freinent l’accès des jeunes à un logement autonome et donc, aussi, la décohabitation de chez leurs parents". La seconde catégorie de locataires "victimes" de l’augmentation du nombre de familles mono-parentales sont les familles nombreuses, dont la part est passée de 12% en 2000 à 10,4% en 2009. Mais il s’agit là, pour partie, d’un effet mécanique : l’augmentation du nombre de familles mono-parentales - qui ont deux fois moins souvent trois enfants et plus que les couples - fait baisser le nombre de familles nombreuses.
Cette situation pèse également sur la mobilité dans le parc social. Les faibles revenus des familles mono-parentales ne leur donnent en effet que peu de possibilités de sortir du logement social.