Etude : le relogement des personnes hébergées en Ile-de-France

publié le 20 décembre 2011 (modifié le 5 janvier 2012)

Qui sont les ménages hébergés en Ile de France ?
Comment passent-ils de l’hébergement au logement ?
En combien de temps ? Où sont-ils relogés ? A toutes ces questions, une étude commanditée par la DRIHL apporte des réponses, recueillies auprès de plus de 150 personnes hébergées en Ile-de-France et vivant désormais chez elles.

La DRIHL, en association avec la FNARS, l’AORIF, a commandité une étude menée par une doctorante au Lab’Urba de l’université Paris-est, sur le relogement des personnes anciennement hébergées en Ile-de-France. Interrogées sur leur situation actuelle et passée, 279 personnes logées en Ile-de-France, à l’exception de Paris, ont été sollicitées par téléphone. Toutes ont connu l’hébergement avant de retrouver le chemin du logement et 156 ont accepté de répondre aux questions de cette chercheuse sur leur itinéraire particulier.

Seule et salarié pauvre

La précarité est essentiellement féminine : la majorité des ménages hébergées est constituée d’une femme seule avec un ou des enfants. Les ménages interrogés lors de cette enquête sont dans leur grande majorité monoparentaux ( 56,7 %) et dans 88,1 % des cas, le chef de famille est une femme.

La plupart des hébergés disposent d’un emploi ( 70 %) et exercent cette activité à temps plein pour plus de la moitié d’entre eux. Salarié certes, mais pauvres malgré tout : 37 % des personnes perçoivent moins de 1 055 euros nets par mois.

Le recours à l’hébergement d’urgence est, pour la majorité de ces personnes, du au départ de leur pays d’origine ( 40 %) puis à une rupture familiale ( 37 %). Les expulsions locatives n’intervenant qu’à la marge (4,8%). Au final, rares sont les personnes hébergées qui avaient eu une expérience locative.

Un délai de un à trois ans avant le relogement

Pour retrouver le chemin du logement, les personnes déposent une demande de logement social - le recours DALO étant effectué dans 58 % des cas- et attendent en général entre un et trois ans. Un peu plus de 10 % des personnes attendent un an, 30 % entre un et deux ans, et plus de 20 % un an supplémentaire.
La plupart des relogements se font dans le département où les personnes étaient hébergées, mais pas systématiquement dans la commune de cet hébergement.

Satisfaites d’avoir trouvé un logement, les personnes sont souvent accompagnées par des associations même dans leur nouveau domicile. Elles jugent ce dispositif "utile" .

L’étude a permis d’entrevoir une réalité assez nouvelle : le désir de mobilité des ménages, à peine leur emménagement effectif. "On note ainsi que 60,8 % des personnes interrogées souhaitent changer de logement".


Télécharger :