Construire pour loger tous les Franciliens à prix raisonnable

publié le 30 janvier 2012 (modifié le 2 février 2012)

Des prix et des loyers qui flambent, des listes d’attente pour les logements sociaux – rien qu’en avril 25 000 Franciliens ont déposé ou renouvelé un dossier de demande de logement social-, des jeunes contraints à la colocation, des ménages qui peinent à quitter le parc social pour accéder au secteur locatif libre ou à la propriété, ou à se loger quand la famille s’agrandit…se loger est un problème pour beaucoup. Auquel s’ajoutent les enjeux d’attractivité économique et de qualité de vie ..

Trop rare donc trop cher

Pourtant, le parc social a fortement augmenté en volume, mais cet accroissement n’a fait que compenser la disparition des petits logements insalubres. Ce parc social, de fait, a disparu. Même si la production de logements sociaux a connu un record historique en 2010 et a triplé depuis 2002, l’Ile de France construit moins, tous types de logements confondus, que les autres régions.

L’accroissement du parc HLM ne fait que compenser la disparition du parc « social de fait »

Pour se convaincre de l’urgente nécessité de construire encore un chiffre : le logement vacant atteint, selon les chiffres de la DRIHL, "un point bas jamais égalé depuis trente ans".

Résultat : aujourd’hui, le parcours résidentiel est freiné, presque bloqué. Les Franciliens ne déménagent plus : en dix ans, la mobilité résidentielle des ménages logés dans le parc social a chuté de près de 8 points.
Une stabilité plus souvent contrainte que volontaire. En cause : la rareté de l’offre. Ainsi, le taux d’effort dans le secteur libre est passé de 16 % en 1984 à 24 % et dans le parc social de 10 % en 1984 à 16 % en 2006.

Quant à l’achat : le prix du m2 affiche une hausse de 130 à 187 % en 10 ans.

Des logements qui ne répondent pas aux besoins

A toute ces raisons quantitatives s’ajoutent des manques qualitatifs : l’offre est peu adaptée aux besoins des habitants.

On manque cruellement de grands logements. Autre élément à prendre en compte, le vieillissement de la population, notamment dans le parc social, qui n’incite pas à la mobilité.

Plus personne ne bouge

Ces phénomènes cumulés provoquent une sorte "d’immobilisme" des ménages que même les efforts en matière de construction ne parviennent pas à inverser. En effet, on considère que la construction d’un logement familial suscite deux ou trois déménagements : une famille quitte son logement HLM pour un appartement plus grand, laissant place alors à un jeune couple venant du parc locatif privé, qui libère un studio.

Tel est le parcours résidentiel idéal, mais il devient de moins en moins fréquent, car il ne fonctionne que si les logements construits sont de taille suffisante et à un prix accessible.

Aujourd’hui, la variable d’ajustement, celle qui permet notamment l’arrivée des jeunes, c’est le parc privé locatif. Avec l’inflation des loyers que génère le rapport entre offre et demande. Paris, comme nombre de capitales européennes, connaît un fort développement de la colocation : on estime à 30 000 le nombre de jeunes concernés aujourd’hui contre 18500 en 1990.

Ce "blocage" du parc, social comme privé pourrait, à terme peser sur le dynamisme économique de la région. D’ores et déjà, des institutions comme l’AP-HP sont à la peine : "notre gros souci consiste à trouver des programmes à Paris ou en petite couronne réellement accessibles à nos infirmières seules avec des enfants". D’où l’objectif de construction de 70 000 logements supplémentaires par an fixé par la loi Grand Paris.

En savoir plus en consultant les études de la DRIHL sur la construction

Grands chiffres à retenir :

le parc de logement locatif social :
1 222 000 pour 75 000 emménagés nouveaux chaque année

Budget de la DRIHL consacré au LLS :
151 Millions d’euros en 2005
310 Millions d’euros en 2010

Part des ménages éligibles au LLS en Ile de France selon Filocom 2010 :
4 804 504 ménages
dont 29 % éligibles au plafond les plus faibles, c’est à dire qu’ils perçoivent moins de 28 451 euros par an (revenu imposable) pour une famille de 4 personnes.