Cité Napoléon : la première cité ouvrière parisienne rénovée

publié le 6 janvier 2012 (modifié le 16 janvier 2012)

Une cour pavée, des arbres, une fontaine, au centre de Paris, la cité ouvrière Napoléon est unique. En cours de rénovation, elle va retrouver figure plus habitable.

Avec le soutien de l’Anah et de la DRIHL, les propriétaires modestes peuvent faire face aux frais de réhabilitation et rester chez eux. Visite et rencontre.

"Vous venez pour acheter ?" Agacée, la femme poursuit sa course dans les escaliers en travaux de la Cité napoléon, rue Rochechouart dans le 9ème arrondissement de Paris.
Rassurée sur les motivations des visiteurs matinaux que nous sommes – nous ne venons pas acheter mais regarder l’avancée des travaux de rénovation – , elle s’arrête, s’adoucit et nous ouvre grand la porte de son studio d’à peine 15 m2. "Entrez, c’est chez moi", dit elle en se faufilant dans le couloir étroit.

"40 ans de vie dans 15 m2"

Cette dame de 70 ans vit dans à peine 15 m2… en grand format (nouvelle fenêtre)
Cette dame de 70 ans vit dans à peine 15 m2…

Au milieu des dossiers, des photos, des valises, des peluches, des bibelots empilés partout dans les quelques mètres carrés qu’elle occupe depuis plus de 40 ans, elle fouille dans une des nombreuses piles et retrouve aussitôt le dossier des travaux de l’immeuble. "J’ai tout payé", souffle-elle très vite. Justement, la personne du bureau de l’habitat privé de la DRIHL de Paris lui explique que sur la somme déboursée, "un peu plus de 4000 euros" pour une nouvelle porte, des fenêtres et surtout la réfection des parties communes et la mise aux normes de l’électricité, une part sera prise en charge par l’Anah, dans le cadre des travaux de rénovation de l’immeuble.

Le soutien de l’Anah

Une cour pavée, des arbres, une fontaine… dans le coeur de Paris en grand format (nouvelle fenêtre)
Une cour pavée, des arbres, une fontaine… dans le coeur de Paris

Étant donné les faibles ressources de cette femme de 70 ans, la moitié de la somme pourra lui être rétrocédée. "Le souci c’est que le syndic ne regroupe pas les demandes, il faut donc que les propriétaires fassent leur dossier les uns après les autres". C’est chose faite pour cette femme, comme pour quelques unes de ses voisines, et une association d’insertion du quartier qui loue un studio à une personne hébergée.

Grâce à cette aide, cette femme et quelques unes de ses voisines, occupantes "historiques" de ce lieu voulu par Napoléon pour les ouvriers du gaz de Paris, pourront continuer de vivre dans un arrondissement en pleine "boboisation". A l’étroit certes, mais dans des conditions décentes et sûres.

La Cité Napoléon, première cité ouvrière de Paris

Aussi étroits, vétustes et inconfortable soient-ils, les mètres carrés, ici sont très prisés et le prix de l’immobilier s’envolent. Il est vrai que la Cité Napoléon une fois franchie l’immense porte cochère fait rêver.

C’est que Louis Napoléon, quand il a commandé cette cité ouvrière, avait en tête la santé des ouvriers de l’usine de gaz de Paris voisine, et avait demandé à l’architecte – une femme- non seulement de créer des logements, mais également de prévoir un grand jardin au centre des quatre bâtiments avec une fontaine. Aujourd’hui les arbres envahissent la cour pavée, les plantes sont partout au pied des immeubles.

Mieux, au 4ème étage, une immense verrière permet au soleil d’illuminer le dernier palier. Les habitants sont presque dans le ciel.

La verrière, sous le soleil. Elle date de 1848. en grand format (nouvelle fenêtre)
La verrière, sous le soleil. Elle date de 1848.