Accueil d’urgence : coups de peinture à Nanterre

publié le 27 juin 2012 (modifié le 2 juillet 2012)

Les volontaires de l’Oréal ont passé leur mardi à repeindre le centre d’accueil d’urgence de Nanterre. 257 SDF parisiens arrivent ici chaque soir.

Dans « la vraie vie » il est directeur marketing international…dans « la vraie vie » il est résident « permanent » au Chapsa. Impossible pour lui d’imaginer un autre cadre que ce grand centre d’accueil d’urgence qui reçoit chaque nuit 257 personnes démunies venues en bus de la RATP et de la préfecture de Police de Paris depuis les couloirs du métro ou les trottoirs parisiens.
Dans ce jour un peu particulier des Citizen days de l’Oréal, ils sont juste voisins de peinture, revêtus d’une combinaison de chantier blanche, les cheveux maladroitement colorés de coups de peinture malvenus. Et ils travaillent sans relâche depuis 10h ce mardi matin jusqu’à 16 bien sonnés, pour
donner un peu de gaité et de propreté à ce lieu gris et sale.

Et le mur devint blanc…

Une quarantaine de volontaires

Au total, une quarantaine de salariés de L’Oréal sont présents au Chapsa avec des volontaires de l’association Unis-cités, qui s’occupe de service civique. Tous ont choisi cette opération parmi toutes les actions proposées à travers la France aux volontaires de l’entreprise. Au total, en ce mardi 26 juin, prés de 2000 collaborateurs ont prêté main forte à des associations dans l’Hexagone.
A Nanterre, la salle d’animation a retrouvé figure fréquentable avec des murs repeints à neuf en blanc et rose. La grande salle d’accueil, où les personnes mettent leurs affaires en consigne à l’arrivée des bus, est elle aussi redevenue plus gaie avec des murs blancs et roses. Même « coup de frais » à l’étage des femmes où portes et murs ont pris là encore pris des teintes de rose, de corail « qui tire quand même sur le rouille », s’étonne une jeune femme du service recherche capillaire de L’Oréal à Saint Ouen » et de blanc enfin propre.

Les douches du rez de chaussée….prochain chantier ?

Le Chapsa n’est pas la rue

Au delà du relooking, il s’agit aussi de changer le regard des « accueillis » sur ce lieu trop souvent vécu « comme un prolongement de la rue ». « Ils ne font pas la différence entre le CHAPSA et la rue. La peinture c’est une façon d’en faire un lieu privé qui les respecte et qu’ils doivent respecter », explique Naïma Layachi, cadre socio-éducatif de nuit.

"Faire une place aux femmes", Naima Layachi, cadre socio éducatif de nuit  en grand format (nouvelle fenêtre)
"Faire une place aux femmes", Naima Layachi, cadre socio éducatif de nuit
photo P.Marais-DRIHL

Pour elle et la directrice du centre, cette opération est aussi le moyen, en plein accord avec la Fondation L’Oréal avec qui le projet a été monté, de donner un peu plus de place aux femmes accueillies. « Au départ elles étaient très peu nombreuses ici, raconte Naïma Layachi. Puis au fur et à mesure des aménagements, notamment le regroupement des chambres près des veilleurs de sécurité, on s’est rendu compte qu’elles venaient plus. Chaque soir, elles sont désormais entre 40 et 50 et une grande majorité revient toutes les nuits. Mais, elles se comportent toujours comme une minorité, elles ne sont pas à l’aise. On a donc réfléchi ensemble, avec la fondation, à leur créer un espace. D’où ce rose un peu partout. L’idée c’est vraiment de leur faire une place et plus tard d’aller vers des ateliers bien être- hygiène ».

Pour l’heure, tout le monde remballe. « On a vraiment bien bossé, sourit un des résidents, participant actif à la journée, maintenant il faut que ça reste propre ! ». « Il reste quelques retouches qui sont tout à fait déterminantes » affirme doctement l’un des ses collègues, tout en donnant les derniers coups de pinceaux et en essuyant quelques taches au sol.
"Estomaquée, béate", la directrice de l’établissement, n’en revient pas du rajeunissement spectaculaire.""
Il reste encore quelques taches de peinture au sol…le white spirit donne à fond.
Dans quelques heures, le premier bus de SDF arrive de Paris.Tous les jours ils font la navette Paris-Nanterre cinq fois. Le quotidien reprend, pas tout à fait comme avant. Pas vraiment différent.

En savoir plus :

La DRIHL finance le fonctionnement de ce centre à hauteur de 4,3 millions d’euros chaque année. Si l’on additionne, les diverses subventions le CHPASA bénéficie de 6 millions d’euros.